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Teddy
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Lettre des étudiants congolais rédigée aux personnels éducatifs de l'ambassade du Congo au Maroc.
Messieurs et Mesdames du Corps diplomatique
de la République du Congo – Brazzaville au Maroc,
(LEC)-Nous, ressortissants de la République du Congo – Brazzaville au Maroc, sommes réunis ce jour 27 mars 2005 à Rabat pour réfléchir sur la situation de nos compatriotes ici au Maroc. De cette rencontre, avions – nous décidé de vous adresser cette lettre et prendre tout le Congo à témoin d’un certain nombre de pratiques que nous jugeons préjudiciables.
Auparavant, il est nécessaire de vous donner un petit aperçu de l’évolution de la communauté congolaise pour vous rafraîchir la mémoire et vous mettre au fait de la réalité de cette communauté.
Selon nos anciens, l’exode des Congolais vers le Maroc a pris forme dans les années 90, du fait que tous les signaux du système éducatif de notre pays étaient au rouge. La population était principalement composée d’étudiants – des écoles publiques et privées – A partir de 1994, avec le développement de l’enseignement supérieur privé au Maroc, cette population s’est encore accrûe, puisque notre pays n’offrait toujours pas de perspectives viables et durables pour sa Jeunesse. A cette époque, on dénombrait près de cent cinquante (150) personnes, le nombre de ressortissants du Congo – Brazzaville au Maroc. Ce fut le temps où il n ‘ y avait aucune représentation congolaise au Maroc – diplomatique s’entend– et nous étions tous tournés vers Alger (Algérie) où l’Ambassade s’occupait aussi des intérêts congolais au Maroc. Logiquement,
reconnaissant l’attitude d’indifférence de nos compatriotes, on pourrait conclure que nous vivions dans une situation particulière où chacun pouvait faire ce qu’il voulait. Rien de tout cela. Les anciens nous ont toujours dit que notre communauté était disciplinée et unie. Il était en effet difficile de voir ceux de nos compatriotes d’une même ethnie occuper un même appartement. Les termes du genre Tékés, Mbochis, Bembés ou autres signes visant à nous diviser étaient interdits. Pour aller plus loin, on ne s’appelait que par nos prénoms, ceci pour ne pas frustrer les autres.
Malgré nos différences et clivages, un seul facteur nous unissait : le Congo.
Pour rendre encore plus fort cette union, il fut créée l’Association des Congolais résidant au Maroc – ACOREM –, dont le but était d’instituer un cadre de concertation entre Congolais à travers des activités culturelles et sportives. Ainsi, au mois d’avril et précisément durant les vacances de Pâques, l’ensemble des compatriotes étaient réunis à Rabat pour soutenir l’équipe congolaise au tournoi de football de la CESAM. Ce fut une obligation pour tous non seulement pour défendre l’honneur de notre Congo, mais aussi pour cultiver l’amour et la paix entre – nous.
En dehors des activités sportives, l’ACOREM est intervenue dans les domaines suivants :
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L’intégration : des excursions – avec location de trains – ont été organisées à Ifrane et à Fès pour faire connaître les Congolais des autres villes
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Les rencontres de football inter-villes et inter-quartiers entre Congolais
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Le suivi scolaire des étudiants : certains ont bénéficié des bourses de l’AMCI (facultés, ISCAE) grâce à l’ACOREM
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L’attribution de prêts (jusqu’à 150.000 Fcfa) aux Congolais dans le besoin.
Toutes ces œuvres ont été accomplies par des Congolais, sans l’aide de quiconque du fait que nous n’avions pas d’Ambassade ici.
Peu après, la communauté s’est encore agrandie et les problèmes aussi. La communauté congolaise au Maroc n’était plus seulement constituée d’étudiants. Chacun avait donc ses objectifs dans ce pays d’accueil. Cette situation ne nous a pas empêché de cultiver l’amour et la solidarité entre Congolais. La preuve, les étudiants boursiers venus dans le même avion que le Premier ministre Ganao en 1996 ont été logés par les anciens, sachant que ceux qui les ont emmenés ici logeaient dans des hôtels luxueux. Il y en a même eu un étudiant dans la même délégation qui voulait rentrer sans passeport ni CIV dans le territoire marocain. Bloqué par la police marocaine des frontières, nos « autorités » - que ce soit la délégation du Premier Ministre ou celle de l’Ambassade à l’Alger – ont fui, laissant la charge à Monsieur Urbain Guillaume
LOUBACKY, Président de l’ACOREM à l’époque. L’étudiant a pu fouler le territoire marocain, puis est rentré une semaine après.
Entre 1998 et 1999, nombreux sont les étudiants boursiers en provenance du Congo qui ont été trompés depuis sur une soit – disant prise en charge totale de l’autorité marocaine durant tout leur séjour d’étude ici. Comme à son habitude, l’ACOREM a tout fait pour que ceux – ci soient logés et intégrés au Maroc.
Nous préférons nous arrêter à ces quelques points, car la liste est longue, très longue même.
Vu donc la complexité des problèmes – d’ordre administratif pour la plupart – auxquels nos compatriotes étaient confrontés au Maroc, la communauté a dans son ensemble demandé au Président de la République, Son Excellence Denis SASSOU NGUESSO lors de son passage en 1998, d’ouvrir une Ambassade du Congo au Maroc, pour nous faciliter beaucoup de choses. Il nous l’avait promis et il l’a réalisé.
Une fois cette Ambassade établie, tout marchait bien au départ : réception des compatriotes par l’Ambassadeur, Son Excellence Maître Aimé Emmanuel YOKA ; certains responsables s’efforçaient de résoudre les problèmes de certains de nos compatriotes, mêmes les plus délicats. D’autres ont même logé des étudiants le temps de régler le problème des bourses. Chose à apprécier à sa juste valeur.
Les choses ont vraiment commencé à changer quand l’effectif du Personnel de l’Ambassade a été renforcé, autrement dit, quand d’autres personnes sont arrivées.
On commençait à revivre les tares qui ont toujours fait le malheur de notre pays à savoir : la jalousie, le tribalisme pour ne citer que ceux – là. L’octroi d’un document par l’Ambassade, si simple soit – il, avait pour préalable l’appartenance politique ou parfois ethnique. Des expressions du genre : « Bato ya Lissouba », « C’est encore les bakongo », « Vous les nibolek » … sont apparues au cœur même de l’ambassade.
De ce climat, certains compatriotes ont commencé à se regrouper en clan, réduisant à néant l’ambiance d’antan. D’autres se sont même mis à falsifier des documents persuadés que leur représentation d’en délivraient qu’à une catégorie de Congolais, originaires notamment du Nord ou dont les parents étaient proches du pouvoir.
Et pourtant, nos autorités se battent contres ces pratiques. Pourquoi ne faites – vous pas comme elles ?
Faites au moins semblant !
Le contribuable congolais vous paye pour garantir les intérêts du Congo – Brazzaville au Maroc. Par exemple :
Pourquoi n’organisez – vous pas des journées portes ouvertes pour attirer les investisseurs marocains dans ce Congo qui en a tant besoin ?
Pourquoi ne faites – vous pas la promotion du FESPAM au Maroc, car nous recevons beaucoup d’échos de la part des Marocains ?
Rien de tout ça, Messieurs et Mesdames de l’Ambassade.
Vos principales missions, c’est de savoir qui a mangé quoi, qui couche avec qui (question récurrente) et lesquels parlent de vous dans les différents coins du Maroc.
Pires encore aujourd’hui vous cherchez à contrôler l’ACOREM. Quelle bassesse !
Le Président de la République ne vous a pas envoyés ici pour cette mission.
Nous nous demandons ce que vous dites à nos autorités lorsqu’elles vous exigent des rapports.
Parlant de l’ACOREM, vous oubliez même que depuis 1989, le Congo – Brazzaville vit à l’ère de la démocratie et de la liberté d’_expression.
Pour des raisons qui nous échappaient jusqu’à peu, certains fonctionnaires de l’ambassade ont décidé, par tous les moyens, de dissoudre l’ACOREM. Cette menace, jamais voilée, dure déjà 2 ans et son principal initiateur n’est autre que celui-là même qui est censé contribuer à l’émancipation de notre jeune communauté.
Ne parvenant pas à ses fins, ce dernier recourt désormais à des méthodes indignes d’un fonctionnaire et de l’institution pour laquelle il travaille. Il n’a en effet, comme d’autres d’ailleurs, cessé d’inciter les compatriotes originaires du Nord à contester l’association existante, d’influencer négativement les activités de cette dernière. Et pire, de ternir l’image de celle-ci en la rendant responsable des dérives de certains congolais (émigration clandestine, l’occasion de voitures, organisation des soirées dansantes, etc.)
Tout ceci pour parvenir à son rêve : dissoudre l’association et créer une autre rattachée à l’ambassade et donc facile à manipuler, et de ce fait atomiser la communauté à des fins politiques.
Si vous souhaitez avoir une association, nous vous prions de créer la vôtre et laisser l’ACOREM tranquille. Vous lui aviez déjà fait tant de mal. Nous nous permettons même de vous défier en ce sens : si vous croyez que vous plus crédibles aux yeux de nos compatriotes au Maroc, créez votre association et laissez notre ACOREM et l’histoire jugera pour la suite. Dans ce sens l’histoire plaide en notre faveur, car sous le règne du Président LISSOUBA, certains fonctionnaires de l’Ambassade du Congo en Algérie avaient créé une association satellite, le « Club Mayombe » tremplin, moyen d’approcher l’opposition de l’époque, dans le but de nous diviser ici. Où est – elle aujourd’hui ?
Enfin, créer une deuxième association n’est nullement un problème pour nous. Mais nous prions Messieurs les fonctionnaires de l’ambassade du Congo au Maroc de le faire sans avoir recours à des pratiques qui diviseront les ressortissants congolais du Royaume et porteront donc préjudice à notre merveilleuse communauté.
Le Collectif des Ressortissants du Congo – Brazzaville
Au Maroc
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Nous étudiants Congolais résident à
Brazzaville, soutenant le collectif des Ressortissants du
Congo au Maroc. Nous croyons que leur cause est juste et
demandons aux autorités compétentes de suivre cette
affaire à la loupe. l'ACOREM doit exister pour
toujours et seul ces membres peuvent décider de la
dissolution de cette dernière. La liberté de l'homme, la
liberté d'association, la liberté d'expression, telle
stipulée dans la charte des droits de l'Homme et même dans
la constitution congolaise du 20 janvier 2002 doit nous
servir de repère. Nous ne sommes plus à l'erre du
tribalisme, nous avons besoin d'un Congo uni avec des
Congolais solidaires. Nous invitons ainsi tous les
étudiants congolais de partout dans le monde de soutenir
l'action de nos frères étudiants au Maroc.
Le Congo est à bâtir, permettez nous
de nous instruire....
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